Projet Boca_Vidéo-Cris souffles_Performance

 projet Boca, HD, 10m, son, 2017

Extrait de Vidéo, Projet Boca– Performance/Installation/Vidéo, son, HD, 2017

projet boca

Croquis pour la performance Cris-souffles, les spectateurs et les performeurs, les instruments posés par terre, crayon graphite sur papier.

Mon projet propose une performance devant une vidéo filmée sur la montagne, les nuages et le ciel. Les performeurs qui sont mêlés avec les publics jouent éventuellement des instruments mu­sicaux (traditionnels coréens) et chantent les récits fragmentaires (murmure, souffle, cri) au fur à mesure de la scène vidéo.

Les chanteurs traditionnels  (Pansori– récit chanté) en Corée, montent au sommet de la montagne pour atteindre le niveau du virtuose et entraînent par la force de leur chant  en regardant sur la vue des montagnes et du ciel.  il s’agit « d’être chanté, chanter, se faire chant » tout en se déplaçant vers le Ciel pour  » être regardé, regarder, se faire regard ».

Ces chants récités font alors hors sens provoquant comme un renversement du sens ou de la vision. Ce projet est inspiré par l’œuvre d’Antonin Artaud.   Ce dernier porte  en effet l’expression à la limite de la conscience humaine sous les éclairages de la poésie et de la schizophrénie. Deleuze insiste à ce propos sur les Cris-souffles d’Artaud et  sur le fait extraordinaire que la corporéité sans organi­sation se manifeste sur le plan du style par une syntaxe sans articulation. Ainsi ses poésies et ses cris permettent de révéler la « nature nue » avec l’amalgame lexical sans ponctuation.

Le Hors sens provoqué permet-il le renversement d’un regard désirant ? Tel sera l’enjeu artistique de cette performance.

 

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Images des extraits de Vidéo, Projet Boca

 

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Boca, terre et peinture sur toile, 116/89 cm, 2014

Ma peinture a été réalisée avec de la terre et de l’eau en frottant et caressant le support. Ma pratique peut sans doute se comprendre comme un jeu avec la terre. Ce jeu est réalisé sans intention. Les conditions qui président à ce jeu avec la terre sont le plaisir de toucher la texture de la terre, sentir son odeur et regarder le reflet de la lumière sur le sol lorsqu’il pleut : garder et effacer. Ces gestes répétitifs, qui entretiennent mais effacent également leurs propres traces, permettent de faire surgir des formes chaotiques au fur et à mesure de la sécheresse et du flux de l’eau. La terre permet de faire fleurir des béances, béances qui évoquent l’espace du vide. Ce vide fait éclore les traces d’un terreau en dentelles, terreau qui mélange alors la terre, l’eau et la peinture. Ces clivages observés dans le terreau évoquent les rides humaines que l’on peut voir sur la peau. Dans mon expérience inoubliable de la mort, lorsque mon grand-père agonisait, la peau était comme fortement tirée par une force venant du sol, comme si la sécheresse fendait la terre et que l’humain s’intégrait à ce moment là à la Nature absolue.

 

 

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